Biology

Les macaques apprennent la prudence face aux microbes après une épidémie virale, selon une étude menée au Texas

Des scientifiques spécialistes de la cognition à l'UC San Diego montrent que vivre une épidémie mortelle déclenche l'évitement des agents pathogènes, même sans connaissance directe de la transmission.

Par Giovanni Sapere
3 min de lectureHuman-Edited, AI-Assisted

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Les macaques apprennent la prudence face aux microbes après une épidémie virale, selon une étude menée au Texas
Photo: Gero Camp / Unsplash

Une innovation scientifique en biologie cognitive montre que les macaques japonais deviennent nettement plus prudents face à des aliments potentiellement contaminés après avoir survécu à une épidémie mortelle. Des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego ont découvert que ce changement de comportement s'est produit dans tous les groupes exposés, que les singes aient ou non contracté le virus. Publiée dans Royal Society Open Science, l'étude apporte de rares preuves empiriques sur les origines évolutives du dégoût et de l'évitement des maladies chez les animaux.

Une expérience naturelle née d'une épidémie virale

L'enquête est née d'une crise vétérinaire inattendue dans un sanctuaire de primates du sud du Texas, comme le rapporte Phys.org. Le sanctuaire abrite des groupes sociaux distincts de macaques japonais issus d'une population amenée du Japon au Texas en 1972. En 2020, le personnel de l'établissement a identifié une épidémie de rétrovirus simien de type II, une infection transmise principalement par les morsures et les griffures qui provoque une immunodéficience et une maladie mortelle chez les macaques, ce qui a conduit les responsables à isoler les enclos et à appliquer des quarantaines rigoureuses.

« Les groupes ont une histoire, et cette histoire se manifeste dans leur comportement. »

— Stephan Kaufhold, doctorant à l'UC San Diego

Tester l'évitement des agents pathogènes par la contamination visuelle

L'épidémie a créé un essai expérimental accidentel comparant trois groupes de macaques exposés à un groupe témoin non exposé, selon Phys.org. Le doctorant Stephan Kaufhold et le professeur associé Federico Rossano ont testé 55 macaques avec un choix alimentaire : de la nourriture posée sur du bois propre contre de la nourriture placée au-dessus de véritables excréments de macaques scellés sous de l'époxy transparent. La résine scellée supprimait les odeurs et la contagion tout en préservant le signal visuel de contamination, et des essais supplémentaires ont utilisé une éponge colorée pour vérifier que les sujets ne réagissaient pas simplement à des objets nouveaux.

Des seuils modifiés dans le système immunitaire comportemental

Des études comportementales antérieures ont montré que les macaques japonais sauvages consomment souvent des aliments très appréciés, comme les cacahuètes, sur des surfaces couvertes d'excréments, note Phys.org. Cependant, les animaux exposés à l'épidémie ont pris de la nourriture sur la surface contaminée dans seulement 47 % des essais, contre 79 % chez les singes non exposés. L'équipe de recherche a constaté que les animaux non infectés vivant aux côtés de congénères malades ont développé le même taux d'évitement que les survivants infectés, ce qui montre que survivre à une épidémie recalibre le système immunitaire biologique et comportemental.

Découverte scientifique et orientations futures de la recherche

La méthodologie ne repose sur aucun brevet commercial ni dépôt de propriété intellectuelle, le dispositif expérimental servant d'invention académique conçue uniquement pour sonder la prise de décision des primates, comme le détaille Phys.org. Les résultats ouvrent en revanche de nouvelles voies pour observer comment les espèces sociales modifient leur évaluation des risques après des crises collectives. Les chercheurs continueront de suivre la manière dont la transmission sociale préserve ces habitudes d'hygiène au fil des générations de macaques.

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